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Trente ans après le « printemps berbère » qui a vu la répression brutale des manifestations berbères en Algérie, le député européen François Alfonsi et plusieurs collègues de divers groupes politiques ont annoncé la création d’un groupe d’amitié berbère/amazigh au Parlement européen. Le groupe a été lancé lors d’une conférence de presse au parlement européen à Strasbourg ce mardi 20 avril. Les députés européens ont souligné leur soutien pour les peuples berbères/amazigh et ont publié une déclaration qui explique leur intention à ce que la question berbère soit prise en compte par l’UE au nom des droits reconnus aux minorités.
Parmi les députés qui soutiennent cet groupe figurent Jean Luc Bennhamias, Jean Paul Besset, José Bové, Frieda Brepoels, Rosario Crocetta, Isabelle Durant, Jill Evans, Nathalie Griesbeck, Oriol Junqueras, Nicole Kiil Nielsen, Philippe Lamberts et Bart Staes. Le peuple berbère/amazigh a sa propre langue, culture et tradition en Afrique du nord. Bien qu’ayant fait face aux persécutions et à la répression, les berbères/amazighs tentent de préserver leur identité et leurs traditions. La création de ce groupe d’amitié est une opportunité pour s’assurer que les questions concernant les berbères/amazighs sont défendues au sein des institutions de l’UE. Lors de la conférence de presse à Strasbourg, François Alfonsi a déclaré : "Dans le cadre de sa politique de voisinage, l’Union européenne s’engage dans ces pays sous réserve de contrepartie en terme de droits de l’homme (notamment question des droits des femmes), il faut aussi qu’elle s’assure du respect du droit des minorités et donc des peuples berbères." Le député catalan Oriol Junqueras a ajouté : " En Catalogne, certaines écoles primaires où il existe d’importantes minorités berbères, proposent des cours en tamazigh. Respecter les droits linguistiques et culturels de ces minorités c’est aussi les amener à reconnaître et à s’impliquer dans la culture du territoire d’accueil." Enfin, le député Europe-Ecologie Jean Paul Besset a dit : "Les évènements sanglants qu’ils ont eu à subir ne doivent pas se reproduire. On est là pour que l’Europe mette la pression sur les gouvernements non démocratiques de ces Etats, afin qu’effectivement cela ne se reproduise pas." Texte complète de la déclaration: Groupe d'amitié avec le peuple berbère/amazigh en Afrique du Nord
1 Le Printemps berbère Le peuple berbère/amazigh vit en Afrique du nord depuis des millénaires sur un territoire réparti principalement sur le Maroc et l'Algérie (80% des berbérophones), ainsi qu'en Tunisie, en Libye, en Egypte, au Niger, au Mali, en Mauritanie et dans l’Archipel des Canaries. Saint Augustin qui vivait au Vème siècle est la figure historique la plus forte de ce peuple qui rayonna dans toute la Méditerranée avant la conquête arabe et sa conversion à l'islam. Cependant la culture berbère s'est maintenue face à l'arabisation du territoire. Elle est toujours très vivante, largement pratiquée, culturellement reconnue, avec des artistes de très grande renommée. Mais elle est en grand danger. En effet le peuple berbère/amazigh subit une situation de discrimination politique, économique, sociale, et culturelle du fait des régimes non démocratiques qui ont fait de l'arabisation des berbères un objectif d'Etat. C'est notamment le cas de l'Algérie à l'égard des Amazighs qui peuplent la région de Kabylie (6 millions d'habitants). Malgré des concessions formelles arrachées après différentes insurrections, la langue berbère (Tamazight) reste marginalisée (très peu enseignée, exclue des institutions administratives et judiciaires...) et le peuple berbère se trouve discriminé et réprimé dès l'instant qu'il refuse d'accepter l'arabisation forcée imposée par l'Etat. En avril 1980, il y a exactement trente ans, il y a eu le "printemps berbère", une grande révolte identitaire des Kabyles que le pouvoir a réprimée dans le sang. Puis il y a eu en 1998 l'assassinat de Matoub Lounès porte drapeau mondialement connu de la culture amazighe. En avril 2001 alors qu'était commémoré le printemps berbère de 1980, une nouvelle répression a éclaté avec un bilan terrible : 127 morts et 5000 blessés. Ce printemps 2001 est resté dans l'histoire comme le "printemps noir". Le 20 avril 2010 sera célébré le 30ème anniversaire du printemps berbère. A l'heure où le régime algérien connait une nouvelle phase d'instabilité (récent meurtre du responsable des services secrets, problème de la succession de Bouteflika), la peur est grande qu'une nouvelle phase répressive ne se déclenche en Kabylie. 2 La question berbère doit être prise en compte par l'Union européenne au nom des droits reconnus aux minorités L'UE entretient une politique de coopération avec les Etats d'Afrique du Nord (Maghreb). Cette politique allie coopération, développement économique et environnemental. Elle veut aussi promouvoir les droits de l'Homme notamment en abordant très fortement la question des droits et de la place des femmes. Ne faut-il pas tout autant mettre en avant le droit des minorités en prenant en considération le peuple amazigh ? L'identité berbère est de tradition musulmane mais elle est un rempart contre l'intégrisme. La place de la femme en pays berbère est bien moins rétrograde qu'ailleurs. Et la démocratisation des Etats du Maghreb peut-elle être crédible tant que ce peuple n'aura pas obtenu une reconnaissance officielle et le respect de ses droits fondamentaux? La question des minorités est au cœur de la diplomatie menée par l'UE dans toutes les parties du monde. C'est par exemple le cas en Chine (Tibet, Ouïgours...). Nous devons faire mieux connaître au Parlement l'identité berbère et le peuple amazigh que la propagande des pays du Maghreb veut faire disparaître, et que les Etats et l'UE ignorent presque totalement à ce jour. Le respect des minorités fait partie des "fondamentaux" de toute démocratie. Ainsi l'Union européenne doit y veiller et mobiliser une solidarité réelle envers le peuple berbère/amazigh. 3 Respecter le peuple amazigh au sein même de l'Union Européenne Du fait de migrations très anciennes, notamment en France ou plus récentes, surtout en Belgique, en France et en Espagne, depuis l'Algérie et le Maroc principalement, environ deux millions de berbères vivent sur le sol européen. Nous leur devons respect et considération, ainsi qu'à toute autre population immigrée, et notamment la reconnaissance de leur langue, qui n'est pas l'arabe mais le tamazigh, de leur culture et l'accès, ainsi que toute minorité culturelle, à toutes les politiques qui préservent un patrimoine culturel précieux, d'autant plus qu'il est menacé sur sa terre d'origine. Le respect de leur culture d'origine doit naturellement s'accompagner en retour du respect des modes de vie et des valeurs européens, et notamment l'apprentissage des langues qui sont parlées usuellement dans les territoires où ils vivent Pour toutes ces raisons l'initiative est prise de créer un "groupe d'amitié" avec le peuple berbère/amazigh en Afrique du Nord. Le groupe fera connaître sa création en tenant symboliquement une conférence de presse le 20 avril 2010, dans le cadre du Parlement européen à Strasbourg. A ce jour plusieurs députés m'ont assurés de leur soutien :
- Jean Luc BENNHAMIAS - Jean Paul BESSET - José BOVE - Frieda BREPOELS - Rosario CROCETTA - Isabelle DURANT - Jill EVANS - Nathalie GRIESBECK - Oriol JUNQUERAS - Nicole KIIL NIELSEN - Philippe LAMBERTS - Bart STAES
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